# Créée le jeudi 14 février 2008 19:08

« La meilleure fic au monde. » Nani.

« Tu as une capacité impressionnante a t'inspirer du milieu dans lequel tu vis,
une véritable capacité à écrire quelque chose de totalement...unique. » Loveuz'

« C'est pas yaoi, c'est pas un des membres de Tokio Hotel qui vit une histoire d'amour avec une fan,
c'est juste une rencontre entre deux fans, une complicité qui s'installe. » Chouille.


Die Himmelsmechanik

Coming soon...




# Créée le jeudi 14 février 2008 19:08

# Posté le mardi 26 février 2008 12:42

Modifié le dimanche 04 mai 2008 05:50

FicChapitre I

FicChapitre I


La première chose qu'Hélène voit de lui, ce sont ses lacets. De jolis lacets, noirs tirant sur le gris, décorés d'une ligne régulière et nette d'étoiles blanches. De jolis lacets, enfilés sur des converses All Stars noires en toile, au bout de caoutchouc blanc constellé de mots et de petits dessins, sur un fond de damiers. Des converses elles-mêmes enfilées sur des pieds appartenant à des jambes vêtues d'un slim en jean, des jambes qui soutenaient un torse, des bras, et une tête. En somme, c'est un garçon.

Il est debout à côté d'elle, pressé contre la barrière, à sa droite. Elle, elle s'agrippe d'une main à la barrière de métal moite, et de l'autre, elle couvre son visage. Sa tête lui tourne, et elle la garde baissée depuis quelques secondes, pour reprendre ses esprits sans se faire virer de la fosse.

Autour d'elle –autour d'eux- il n'y a que des cris et des corps. Des filles, surtout. De la sueur, du maquillage, des bracelets en plastique, des tee-shirts en coton et des bouts de papier froissés.

Et en face d'eux, il y a toute leur vie.

Quatre garçons qui s'acharnent sur des cordes de guitare, qui frappent des caisses ou qui chantent à pleins poumons. En somme, quatre garçons qui font de la musique, et à travers laquelle Hélène peine à entendre la voix du garçon qui crie à côté d'elle pour se faire entendre.

« Ça va ?! »

Elle hoche rapidement la tête. Il lui sourit, et fait signe à un vigile proche, qui lui tend une bouteille d'eau. Elle en boit deux petites gorgées, puis rend la bouteille au garçon. Qui prend sa main en échange. Et ne la lâche pas.

L'échange n'a duré que quelques secondes, mais ça suffit à la requinquer. Et rapidement, elle hurle, comme les autres, la main du garçon toujours serrée dans la sienne.

Les chansons s'enchaînent et les fans se déchaînent. Hélène serre sans doute trop fort la main de l'autre, mais elle n'y fait pas vraiment attention. Il fait chaud dans la fosse, mais pourtant, la main du garçon n'est pas moite. Elle est chaude, un peu sèche, et aucunement désagréable. En fait, elle n'a pas l'impression de serrer une main inconnue.

Quand le concert touche à sa fin, après les rappels, les quatre jeunes hommes viennent sur le devant de la scène, et lancent leurs serviettes, médiators, baguettes.
Et le garçon lâche sa main. Il lâche sa main et lève les siennes haut, très haut, se hissant sur la pointe des pieds. Il se cambre vers l'arrière, et attrape de peu le médiator du guitariste.

Des filles, derrière, crient des protestations et des insultes, et tentent de lui arracher, mais il le serre fort dans son poing, un immense sourire aux lèvres. Il ne fait pas attention aux filles qui tirent sur son tee-shirt, qui l'insultent et le poussent, non, il se contente de serrer le petit médiator.

Il ne reprend pas sa main dans la sienne.

Peu à peu, la foule se disperse. Les gens commencent à sortir de la salle, dans un confortable brouhaha, assourdi par le bourdonnement de ses oreilles.

Hélène sort, suivant le mouvement, ne lâchant pas du regard le garçon qui se hâte vers la sortie. Elle le perd cependant du regard après quelques mouvements de foule, et hausse les épaules. Elle redresse son sac, calant la bandoulière contre son épaule.

L'air froid la frappe après la chaleur moite de la salle, et elle se dirige doucement vers le métro, non loin de la salle. Dans le train, elle fouille son sac, et en extirpe sa précieuse enveloppe de papier kraft. Dedans, une dizaine de places de concert, et encore plus de billets de train.

Elle met le billet Paris-Dijon en évidence, dans l'enveloppe, sur le dessus des autres. Hélène sourit, et frémit, serrant son enveloppe dans ses doigts tremblants.

Quelques changements plus tard, elle se retrouve dans une gare quasiment déserte. Des SDF et des voyageurs dorment sur des bancs, ou à même le sol. Elle se faufile jusqu'aux toilettes de la gare. Rapidement, elle trouve une cabine vide et pas trop sale, où elle se blottit pour la nuit.

Son train part avant 7h du matin.
Hélène a du mal à s'endormir, les mains désespérément froides.




Bon. Voilà. Premier Chapitre de Die Himmelsmechanik (DHM pour les intimes <<')
Je me doute que la plupart des gens ici l'ont déjà lu sur Nokaia, mais bon. Still. Vos avis, compliments, insultes, demandes en mariage, menaces de morts ?

Pix? Illustration du début du chapitre. Par moi UU'

# Posté le mardi 26 février 2008 20:26

Modifié le dimanche 09 mars 2008 07:35

FicChapitre II

FicChapitre II
Quand elle se réveille, elle est toute engourdie, et son menton est sale de salive séchée. Elle se débarbouille rapidement, et court sur les quais pour avoir le temps d'acheter à manger avant de monter dans son train.

Blottie dans son siège, Hélène finit sa nuit, et elle somnole quand le contrôleur la réveille d'une main posée sur son épaule.

« Billet, s'il vous plaît. »

Elle montre son billet composté à l'homme en uniforme, et se renfonce dans son siège.

« Heu...j'ai pas mon billet, » entend-elle vaguement.
« Pourquoi ? »
« Bah, j'en ai pas. J'avais pas assez d'argent. »

L'agent soupire et commence à rédiger une amende. Hélène rouvre un ½il, regardant le garçon en face d'elle qui sourit d'un air un peu gêné, un peu effronté aussi, au contrôleur fatigué, l'observant derrière sa mèche brune. Elle le connaît, ce garçon, elle connaît son tee-shirt Gibson et son slim en jean clair et délavé, et surtout, elle connaît ses mains et leur chaleur.

Et son regard marron qui se pose sur elle.

« Ha, t'es réveillée, » sourit-il, réceptionnant son amende avec la même nonchalance que si elle avait été une baguette de pain. Il attend que le contrôleur se soit éloigné, et la froisse dans son poing avant de la fourrer dans le cendrier. Il s'affale dans son siège, la multitude de pendentifs qu'il porte s'entrechoquant dans un léger bruit. Elle voit quelques médiators, une minuscule guitare barbouillée par un graffiti au feutre, un cadenas...

« Je m'appelle Thomas, » fait-il.
« Hélène, » marmonne t-elle vaguement.
« J'espère que ça te dérange pas que je me sois assis là. Je t'ai reconnue, tu sais, du concert... »

Pendant qu'il parle, elle continue à le détailler. Sur ses bras, il y a quelques signatures presque invisibles, qui se sont peu à peu effacées. Ses converses sont rapiécées, gribouillées de mots et de symboles, et elle reconnaît les fameux lacets à étoiles.

« Thomas, » répète t-elle. « C'est une blague ? »
« Non, » dit-il sans perdre son sourire. « Ça fait toujours son petit effet. »
« Mmh. Tu es d'où ? »
« Paris. Et toi ? »
« Moi aussi. »

Il y a un petit silence et Thomas demande :

« C'était ton premier concert de la tournée ? »
« Non. Le sixième, » répond-elle d'un petit ton fier. « Sur douze. »
« Seulement ? »
« Et toi ? » demande Hélène, haussant les sourcils, agacée de ce manque de réaction.
« Vingt-quatre. »

Vingt-quatre, pense t-elle avec incrédulité. Vingt-quatre sur...vingt-quatre.

Hélène sent un élan d'admiration et d'envie la pousser. Elle se penche vers Thomas qui continue à lui parler.

« Tu as fait le Bénélux ? »
« Oui... »
« Et tu fais le reste de la France, après ? »
« Et la Suisse. »
« En gros, tu ne fais que les dates francophones, » sourit-il.
« Non. Dortmund, à la fin du mois, » réplique t-elle doucement mais fermement.
« Ha, on se reverra là-bas, alors. »

Il se tait. Hélène se demande quels sujets de conversation pourraient intéresser un garçon comme lui. Elle cherche encore quand la sonnerie du portable de Thomas se fait entendre. Elle a le temps de reconnaître la fameuse intro d'Ich Brech Aus avant qu'il ne décroche.

« Allô ? Ha, ja. Hallo. Wie geht's ? »

Il rit et commence à baragouiner en allemand. Il rigole à nouveau, et laisse échapper une petite exclamation ravie. Il tapote le genou d'Hélène, et lui mime le geste d'écrire. Elle lui tend un stylo, et Thomas cale son portable entre son épaule et sa mâchoire pour écrire quelque chose sur son poignet.

« Ja...ja. Mmh. Danke schöööön ! Jaaa, ich auch. »

Thomas raccroche, range son portable, et attrape le poignet d'Hélène. Il s'apprête à écrire quelque chose, mais suspend son geste :

« Tu vas aux hôtels ? »

Et Hélène comprend. Elle secoue la tête. Même si elle fait beaucoup de concerts, elle les fait en solitaire, par manque de contacts. Thomas, lui, a des relations. Et ce qu'il lui écrit sur le poignet, c'est...

« L'adresse de l'hôtel de Dijon. On ira ensemble, si tu veux. »

Elle opine et regarde l'adresse (franchement mal) écrite sur son poignet.

« Tu fais souvent les hôtels ? »
« Chaque fois, » sourit Thomas en tendant son bras, faisant glisser un doigt le long de la peau agrémentée de signatures presque effacées. Il désigne une marque rose brunâtre –une signature aussi.

« Ça, c'était il y a quelques mois. Elle est restée, j'ai fait une allergie à l'encre du feutre... »

Hélène sourit et tend timidement la main. Du bout des doigts, elle trace le contour de l'espèce de cicatrice.

« Ça fait longtemps que tu les connais ? » demande t-elle à mi-voix.
« Six ans. »

C'est presque un choc. Hélène sent son c½ur cogner brusquement, frappé un mélange d'incrédulité et d'admiration. Et d'envie.

« Depuis Devilish ? »
« Mmh. Mon père est Allemand, donc j'ai grandi là-bas. C'est ce qu'on lit dans toutes les mauvaises fanfics, tu vois ? J'avais douze ans, j'habitais Magdebourg, et je commençais ma crise d'adolescence, en passant plus de temps dans les petites salles de concert qu'à l'école. Je les ai trouvés un soir dans une toute petite salle. Le guitariste bouffait ses dreads en jouant, le chanteur était en mini-short, le batteur était invisible et le bassiste bavait quasiment sur sa basse. Après leur show, je les ai attendus dans le froid, et je leur ai demandé leur nom. Le petit chanteur tremblait dans son short, et il voulait pas me croire. Leur mère attendait derrière. "Devilish", m'a soufflé le guitariste en empoignant la main de son frère, et ils sont partis. Le bassiste m'a donné la date du concert suivant, et j'y étais. Et ainsi de suite... »

Thomas avait raconté tout cela avec un ton doux et rêveur. Hélène se rendait bien compte qu'elle n'était pas la première à qui il racontait sa rencontre avec le groupe. C'était, après tout, un sujet de conversation courant entre les fans –à celui qui les connaissait depuis le plus longtemps...

« Et pourquoi tu ne vis plus en Allemagne ? »
« Mes parents ont divorcé. Je vis avec ma mère à Paris. »

Hélène hoche la tête. Sa main est allée enlacer le poignet de Thomas, et pas une fois, il lui vient à l'esprit qu'il pourrait mentir.
Tout au long de son récit, ses doigts sont allés jouer avec ses médiators, et le doux son de cliquetis ressemble à celui d'une serrure qui s'ouvre lentement.



Voilà, la suite. L'histoire de Thomas se précise...
1000 Meere merci à Mélissa pour la photo :') je vous présente mon inspiration principale pour le physique d'Hélène...^^
S'il vous prend des mouvements soudains de faire des fanarts ou des fanpics de DHM, envoyez-les moi... =)

# Posté le vendredi 29 février 2008 12:14

Modifié le dimanche 09 mars 2008 07:36

FicChapitre III


Thomas dégage doucement son poignet, et prend la main d'Hélène dans la sienne. Elle se renfonce dans son siège et soupire doucement. Leur train va arriver dans quelques minutes à Dijon. Hélène ferme les yeux.
Le pouce de Thomas caresse sa main. Tout va bien. Elle va aller voir son groupe préféré en concert, une fois de plus, et elle a rencontré un garçon adorable et aussi fan qu'elle –plus fan qu'elle, même.

Bientôt, une voix grésille dans les haut-parleurs, annonçant l'arrivée imminente à Dijon. Thomas se lève, entraînant Hélène avec lui dans un rire impatient. Ils récupèrent leurs sacs, et vont se placer à côté de la sortie.

Dès qu'ils sortent du train, Thomas l'entraîne vers les transports en commun. Il sait exactement où aller, et durant le trajet qui les emmène devant la salle, il interroge des gens pour savoir où se trouve l'hôtel, et obtient le placement exact.

Hélène est impressionnée. Thomas converse aimablement avec une vieille dame engoncée dans un manteau de fourrure, qui vient de lui donner l'itinéraire pour se rendre jusqu'à l'hôtel.

« T'es à l'aise avec les gens, » fait-elle alors qu'ils arrivent devant la salle.

Thomas hausse les épaules, la main en visière comme il observe la salle. Il est tôt, 9h et demi à peine. Mais il y a déjà des dizaines de fans devant la salle : certains ont dormi devant. Thomas en salue quelques-uns, échange quelques mots, et en disant bonjour aux uns et aux autres, en profite pour s'avancer un peu, dépassant de nombreux adolescents.

Tous semblent le connaître, et ça n'a rien d'étonnant aux yeux d'Hélène. C'est toujours comme ça, les fans les plus acharnés ont une petite célébrité dans le milieu, attirant la convoitise, la jalousie, l'envie, l'admiration.

« THOMAS ! » crie une voix, à l'avant de la queue. « Hey, viens avec nous ! »

Hélène tourne la tête. Des filles font signe à Thomas, l'invitant à le rejoindre. Avec un petit sourire, et tout en tenant Hélène par la main, il s'exécute.

Elle ne connaît personne, bien sûr, mais lui distribue une tournée de bises. Marion-Pauline-Aurélie-Elisabeth, se présentent-elles quand Hélène les salue à son tour, avant de s'asseoir en même temps qu'elles. Aussitôt, Thomas se lance dans une description détaillée du concert de Paris, Marion et Aurélie pendues à ses lèvres pendant que Pauline téléphone et qu'Elisabeth échange quelques mots avec Hélène.

« Ça fait longtemps que tu connais Thomas ? » demande la jeune adolescente aux cheveux châtains à Hélène.
« Mmh, depuis hier soir, en fait. On se connaît pas vraiment. »
« Ha. Nous, on le connaît depuis le concert à Nancy, en avril dernier. Enfin, Aurélie le connaît depuis octobre seulement. Le 483 tour en France, » ajoute t-elle sur un ton d'expert.

Hélène hoche la tête doucement. Elle n'est pas très bavarde. Thomas aime parler, lui. Et ça se voit. Il parle avec passion du concert de la veille, avec de grands gestes des mains et de la tête, tordant son cou ou se penchant vers l'avant, faisant cliqueter ses colliers.

« C'était ton premier concert ? » demande Elisabeth.

Elle fronce les sourcils. Décidément, c'est une manie...

« Non, j'avais fait tous ceux avant. »
« Du 1000 ou de toutes les tournées ? »
« Du 1000 Hotels Tour...et toi ? »

Elisabeth hausse les épaules.

« J'ai fait Nancy en avril, avec Marion. Puis Lyon et Clermont-Ferrand en octobre, avec Pauline et Aurélie. Et là...c'est ma première date. Puis y'aura Genève, et c'est tout. »

Hélène hoche la tête et entoure ses genoux de ses bras. Elisabeth semble lasse, déjà. Mais elle remarque rapidement que la jeune fille arrache les petites peaux de ses doigts avec l'ongle de son pouce, et comprend l'état de stress dans lequel elle se trouve. Elle jette un rapide regard aux trois autres. Pauline a éteint son téléphone, et Aurélie donne des nouvelles d'elles à Thomas –apparemment, elles n'ont pas été en contact avec lui depuis un moment.

« Il est mignon, Thomas, hmm ? »
« Quoi ? »

Elle se tourne vers Elisabeth. Celle-ci regarde Aurélie qui parle, soulignant parfois son propos d'un geste de la main. Elle rit et ses yeux brillent comme elle regarde Thomas, qui l'observe avec un petit sourire.

« Aurélie tombe dans le panneau, » continue l'adolescente d'une voix chantante.
« Comment ça ? »
« Oh, tous les beaux garçons, c'est comme ça. Enfin, les beaux garçons... » (elle fronce son nez dans une moue dépréciative) « Thomas, c'est le genre de mec qui plaît aux fans de Bill, quoi... »

Hélène ne répond pas. C'est vrai que Thomas n'est pas spécialement beau. Il est très osseux, mou, il donne l'impression d'une poupée de chiffon. Mais dans son nez retroussé piqué de quelques taches de rousseur, dans ses traits encore poupins, dans ses lèvres minces et bien dessinées, il y a de quoi compenser ses dents qui se chevauchent légèrement, ses yeux d'un marron banal et ses cils trop courts.

« Et puis il parle bien, » soupire Elisabeth, s'étendant sur le dos. « aaah, j'vais encore devoir réparer les pots cassés. »
« Encore ? »
« Mmh. Il a fait le coup du "je suis un beau gosse sensible sorti de nulle part qui a les mêmes goûts que toi" à Pauline en avril. Apparemment, hors tournées, il hiberne. Il n'a jamais recontacté Pauline, et pourtant, elle était bien accrochée. Elle ne voulait pas le revoir, mais Aurélie l'a fait venir, alors voilà... »
« Tu dis du mal de moi, Elisabeth ? » demande Thomas en se tournant vers elles. Il a semble t-il fini de parler avec les autres, qui parlementent à présent avec un vigile pour pouvoir sortir des grilles et aller acheter de la nourriture.
« Mais non, » fait-elle, roulant des yeux. « Attendez ! Je viens ! » crie t-elle aux filles qui partent, sous le regard d'un vigile mâchant le chewing-gum qui a servi de pot-de-vin.

Thomas se rapproche d'Hélène et regarde Elisabeth partir. Hélène tripote une mèche de ses longs cheveux, attendant qu'il prenne la parole. Il pose sa tête sur son épaule, et bâille.

« Je suis crevé... »
« T'as pas dormi ? T'as dormi où, toi, au fait ? »
« Mmh, non, j'ai dormi une ou deux heures, » marmonne t-il, enfouissant son visage dans les cheveux d'Hélène et ne répondant qu'à la moitié de la question. « Et toi ? »
« Dans la gare, » souffle t-elle, tendue.
« Oh. C'est dangereux, tu devrais pas. Ce soir, c'est la fête, on dort à l'hôtel, ok ? »
« Hmmm. »

Thomas rit doucement contre son cou, et se réinstalle plus confortablement, pour commencer à somnoler au bout de quelques minutes, rapidement suivi par Hélène.

Quand les filles reviennent, peu après, ils dorment. Elisabeth tend la main pour les réveiller, mais Pauline arrête son geste, et montre d'un signe de tête leurs mains glissées l'une dans l'autre. Elle hausse les épaules, et se détourne, sans un mot.


Pas (encore) d'illustration. La flemme =D
J'vais poster les chapitre restants et je mettrai à jour avec les illus plus tard. Veuala.
Faites-moi de la pub, hm. (L)

# Posté le dimanche 09 mars 2008 07:38

FicChapitre IV


Hélène se réveille sans être vraiment reposée, la joue appuyée contre le tissu usé du slim de Thomas. Il parle au téléphone –en Allemand- et sa main libre caresse sporadiquement la joue de l'adolescente.

« Ja. Für Hélène und mich. Mmmh. Nein ! Ja...danke schön. Bis bald, vatti. »

Il éteint son téléphone, et se penche vers l'avant, vers le visage d'Hélène.

« T'es réveillée ? »
« C'était qui ? » bâille t-elle en se redressant, ébouriffant ses cheveux.
« Personne, » fait-il en se penchant pour embrasser sa joue, « je nous trouvais juste une chambre d'hôtel. »
« Mmh. »

D'un coup d'½il à sa montre, Hélène apprend qu'il est 16h. Elle a dormi toute la matinée, et une bonne partie de l'après-midi. D'ici un peu plus d'une heure, ils entreront dans la salle. Et après...il y aura le concert.

Hélène frémit d'impatience et inspire profondément l'air du dehors.

Elle appuie sa tête contre les grilles et attend. Autour d'elle, les paroles bourdonnent, entrecoupées de rires et de voix chantant 1000 Meere. Thomas, à ses côtés, parle aux filles, tout en pianotant sur son portable. Lorsque Hélène se penche vers lui, pour poser sa tête sur son épaule, il sursaute et cache précipitamment son téléphone, la regardant avec des yeux ronds.

« Ha, tu m'as fait peur ! » se reprend-il, émettant un petit rire fêlé qui reste à moitié coincé dans sa gorge.

Hélène fronce les sourcils, suspicieuse, mais ne relève pas. Elle ne connaît pas Thomas depuis si longtemps, elle n'a pas à s'insurger qu'il lui cache sa vie privée, même –surtout- si il en a déjà révélé beaucoup.

« Qui voulais-tu que ce soit, » soupire t-elle, « le grand méchant loup ? »

Elle se laisse retomber mollement contre les grilles, et le petit sourire d'excuse de Thomas lui en arrache un aussi. Il prend sa main dans la sienne, et retourne à l'écriture de son texto, avant de ranger son portable une fois l'affaire expédiée. Marion, Elisabeth et Pauline n'ont rien dit, et ont continué à parler entre elles, se contentant d'échanger des regards lourds de sous-entendus.

Thomas ne dit pas un mot jusqu'à ce qu'ils rentrent dans la salle, et Hélène court avec lui jusqu'aux premières rangées, côté Tom. Ils se serrent les doigts, pressés l'un contre l'autre, son front contre sa mâchoire osseuse. Il caresse sa joue, la main un peu tremblante, et serre la jeune fille contre lui, au milieu de cette foule anonyme. Ils ont perdu les filles en se précipitant dans la fosse, mais peu importe.

Le seul son qui provient d'eux, c'est celui des battements de leurs c½urs. Ils ne font pas un bruit, au milieu de la fosse bruyante, se contentant de sourire et de souffler, stressés et mal à l'aise au milieu de tous ces inconnus.

Partout autour d'Hélène, il y a des corps qu'elle ne connaît pas, des peaux qui se collent furtivement à la sienne, des membres qui cognent parfois les siens. Hélène ne reconnaît que la main de Thomas, et quand le noir se fait, quand les cris fusent, quand la musique explose, quand tout devient anonyme, il n'y a plus que lui, et les quatre garçons sur la scène.

Seulement, un regard suffit à Hélène pour voir le visage de Thomas, bariolé de couleur par les projecteurs agressifs, et pour se rendre compte de quelque chose, pour qu'elle baisse la tête, pour que son c½ur cogne violemment dans sa poitrine, pour qu'elle serre plus fort la main de Thomas –sans réaction.

Si pour elle, il n'y a plus que lui et eux, pour Thomas, elle n'existe même plus.

Elle n'est qu'un poids au bout de sa main, un corps de plus dans la marée humaine qui le sépare de la scène...

« Hélène ?! »

Comme il l'a fait plus tôt, elle sursaute. Il la regarde, l'air inquiet, les lumières du spectacle jouant sur son visage et dans ses yeux. Le c½ur d'Hélène se réchauffe un peu, et elle lui sourit. Elle a un mal fou à se faire entendre, et elle profite de la fin de la chanson pour lui crier qu'elle va bien. Il répond à son sourire et se penche pour l'embrasser doucement et rapidement, juste au coin des lèvres. Elle se laisse faire, pas vraiment surprise, et se colle à lui, reportant son regard sur la scène et sentant avec plaisir sa main serrer la sienne plus fort.

Ils passent le reste du concert appuyés l'un contre l'autre. La voix de Bill fait oublier ses pensées à Hélène, et elle retrouve la vigueur des premiers concerts, brandissant avec Thomas leurs poings aux doigts entrelacés, chantant jusqu'à s'en casser la voix.

Quand, après les rappels, elle voit le groupe s'avancer pour lancer serviettes, médiators et baguettes dans la fosse, elle défait instinctivement la pression de ses doigts sur ceux de Thomas. Mais étonnement, il ne détache pas leurs mains, et se contente de regarder le lancer d'objets.

Hélène fronce les sourcils. Mais le corps de Thomas ne se lance pas en arrière, comme la dernière fois, pour attraper le médiator tant convoité, et il le laisse passer par-dessus sa tête. En tendant le bras comme il l'avait fait la veille, il aurait sûrement pu l'attraper. Mais non.

Elle lui lance un regard étonné. Il a les yeux baissés, et le pouce glissé sous les fils de ses colliers, un léger sourire aux lèvres. Il relève la tête pour joindre sa voix au « Danke schön » général, et lève son bras en un geste d'au revoir. Hélène fait de même.

Thomas la tire par la main pour s'extirper de la fosse, rejoignant la sortie lentement. Hélène a chaud, mal aux jambes, mais elle n'est pas vraiment fatiguée. Ce n'est qu'en regardant sa montre qu'elle se souvient de l'hôtel, voyant l'adresse à moitié effacée, qui est toujours écrite sur sa main.

Malgré ses questionnements, elle a un frisson d'excitation à l'idée de les voir de près, et elle se laisse entraîner par Thomas. Dans le bus, elle voit quelques fans, mais pas tellement. Thomas, à côté d'elle, farfouille dans son sac pour en sortir son téléphone portable. Il pianote rapidement dessus, lit un message, un autre, plus passe un coup de fil, regardant par la fenêtre du bus.

« Vatti ? Wir kommen an. Ja. In...mh...sehr bald, » rigole t-il. « Ja. O.K. »

Il raccroche et met son portable dans sa poche. Hélène, même si elle n'a rien compris, n'a pas perdu une miette de la (brève) conversation.

« A qui tu téléphones comme ça ? »
« Tu ne parles pas allemand ? » fait-il surpris.
« Non...pas du tout. »
« Je t'apprendrais, » sourit-il en posant un baiser sur son front. « On arrive bientôt. »

Le reste du trajet se passe en silence, et elle ne peut s'empêcher de remarquer qu'il n'a toujours pas répondu.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 07:39